CAN TotalEnergies, Cameroun 2021

ÉDITION DU GROUPE LE MATIN LES CAHIERS DU MATIN DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : MOHAMMED HAITAMI 14 JANVIER 2022 TOUS LES RÊVES SONT PERMIS AVEC AVEC L'AIMABLE CONCOURS DE CAN TotalEnergies, Cameroun 2021 LES LIONS DE L’ATLAS, DOCUMENT CONFIDENTIEL Charte graphique du logotype | Mai 2021 | LE LOGOTYPE | PRÉSENTATION DU LOGOTYPE Le logotype est composé de 2 éléments : - Le T et le E de TotalEnergies dessinent un symbole, le chemin des énergies. - Le nom TotalEnergies : un seul nom, au pluriel, pour dire toutes les énergies et tous les talents. La typographie dessine ce mot de manière insécable. 2

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 2 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Avec les Lions de l’Atlas, tous les rêves sont permis Sommaire Les Lions de l’Atlas rêvent de plus en plus grand, grâce à leur victoire lors de leur premier match face auGhana (1-0). Les hommes de VahidHalilhodzic s’affirment dans leur ambition d’aller loin dans la compétition. Certes, il est trop tôt de parler de victoire, mais ce qu’ils ont montré face au Ghana est de bon augure. Le groupe est soudé et solidaire. La rage de vaincre anime l’ensemble des joueurs, y compris ceux qui sont sur le banc. Mais pour la première fois, on tient une équipe du Maroc assoiffée de victoires. L’équipe nationale de football n’a gagné qu’un seul match face au Ghana pour son entrée en lice, mais elle suscite déjà l’engouement de ses supporters. La victoire face aux Blacks Stars a procuré beaucoup de joie et un grand soulagement aux joueurs et aux membres de staff technique, à leur tête Vahid Halilhodzic. L’image de Soufiane Boufal ivre de joie courant se jeter dans les bras de coach Vahid illustre la fusion entre les joueurs et le coach. Ce but de victoire a provoqué l’hystérie et la joie des millions de supporters de la sélection nationale. La solidité affichée en défense et l’opportunisme devant laissent prévoir des jours meilleurs pour les Lions de l’Atlas, concentrés à 1000% sur leur objectif : rendre les Marocains heureux. En plus de la prestation solide face au Ghana, le discours de l’ensemble des composantes du groupe, notamment les joueurs, reflète l’harmonie et la bonne ambiance dans le groupe. Vahid qui a pris en charge les Lions de l’Atlas en 2019 a su faire passer plusieurs caps à une équipe complètement rajeunie, faisant fi d’une avalanche de critiques, souvent injustifiées. Les Lions de l’Atlas sont à l’image de leur coach. Un homme qui ne lâche rien et capable d’aller au charbon pour défendre ses idées. Avec lui et cette nouvelle génération, tous les rêves sont permis. Éditorial : Avec les Lions de l’Atlas, tous les rêves sont permis • Face aux Comores, le Maroc vise une place en huitième de finale • Les Lions de l’Atlas un groupe soudé et solidaire Entretien avec le néo international marocain Azzedine Ounahi : «Énormément de fierté de porter le maillot national» Portrait : Vahid Halilhodzic, le rescapé de la guerre de Bosnie, sur les traces de Mărdărescu • Entretien avec Adil Erradi, entraîneur marocain : «On peut parler de favoris autant qu’on veut, c’est la Covid-19 l'élément clé de cette CAN» • Le Maroc et le Nigeria, grands favoris selon Opta Sports • Avec 217,50 millions d’euros, les Lions de l’Atlas est la quatrième sélection la plus chère de la CAN 2021 • La VAR utilisée lors des 52 matchs de la compétition Entretien avec Khalid Fouhami, ancien international marocain : «Les Lions de l’Atlas sont un bon mix entre les joueurs jeunes et expérimentés» Le Onze des absents de la liste de Vahid Halilhodzic Les stades de la CAN Cameroun 2021 Programme de la compétition • Entretien avec Merry Krimou, ancien international marocain : «Si on n’arrive pas en demi-finale ou en finale, c’est l’échec total de football marocain» • La CAN diffusée dans plus de 150 pays au monde • Les supporters marocains entre inquiétude et optimisme • Covid-19 : la CAN constamment soumise aux tests Présentation des 24 équipes engagées dans la 33e édition de la CAN 2021 Témoignage : Ahmed Faras raconte l’épopée de l’équipe nationale en 1976 en Éthiopie P2 P9 P10 P12 P14 P15 P16 P23 P3 P4 P5 P6 P7 P8

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 3 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Les Lions de l’Atlas, une équipe soudée et solidaire Face aux Comores, le Maroc vise une place en huitième de finale de la CAN Les Lions de l’Atlas peuvent assurer une place en huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations, Cameroun 2021, dès leur deuxième match de la phase de groupes, face aux Comores ce vendredi à 17 h. Déjà vainqueur du Ghana lundi (1-0), les hommes deVahid Halilhodzic seront assurés de voir les huitièmes de finale en cas de victoire, voire d’un match nul, puisque les quatre équipes qui se classent meilleures troisièmes sont également qualifiées. Vahid Halilhodzic, connu pour son intransigeance, sa rigueur et sa discipline, a réussi à mettre en place un groupe soudé et solidaire qui regarde vers le même objectif : rendre les Marocains heureux. En pleine confiance après leur succès amplement mérité face au Ghana, les Lions de l’Atlas affrontent ce vendredi les Comores au stade Ahmadou Ahidjo avec pour objectif une qualification en huitième de finale dès le second match de la phase de poule, groupe C. Sur le papier, le Maroc part avec les faveurs des pronostics, mais attention à tout excès de confiance qui risque de se payer cash sur le terrain. Les joueurs doivent aborder le match des Comores avec la même détermination, envie et solidarité que face au Ghana pour éviter toute mauvaise surprise. Retour d’El Kaabi, Berkouk et En-Neseyri Pour ce match, Vahid a récupéré Ayoub El Kaabi et Aymen Barkok. Une bonne nouvelle, dans la mesure où elle augmente et diversifie les choix tactiques à la disposition de Vahid Halilhodzic. Initialement testés positifs à la Covid, les deux joueurs ont finalement obtenu le feu vert après des tests négatifs mardi. À ce propos, l’on apprend que la FRMF a prévu des tests pour l’ensemble de la délégation et tout au long de la CAN, évitant ainsi tout doute sur la fiabilité des tests sur place. Une mesure qui a été systématique pour l’ensemble des équipes nationales dans les différentes catégories. En ce qui concerne les blessés, Youssef En-Nesyri est remis et pourrait même figurer sur la feuille de match de vendredi. Mais aucun risque ne saurait être pris inutilement et l’attaquant sévillan pourrait attendre encore avant de fouler les pelouses camerounaises. En revanche, l’incertitude est totale autour de la participation de Ryan Mmaee. Blessé à la cheville lors d’un entraînement, l’attaquant n’apparait sur aucun entraînement du groupe. Son implication dans les matchs de groupes est quasiment exclue. L’appel en renfort d’Achraf Bencharki, quelques heures avant le premier match, en remplacement de Badr Benoun, semble donc la solution pour renforcer la ligne offensive. Ce qui est certain, c’est que coach Vahid maintient le plus grand secret sur ses compositions et la formation n’est connue qu’une à deux heures avant le début de chaque match. La confrontation face aux Comores ne fera pas exception. Trois ans après son arrivée à la tête de l’équipe nationale, Vahid a réussi à monter un groupe à son image. Pour une fois, tous les joueurs participent au travail défensif et font les efforts les uns pour les autres. Cette solidarité, on l’a vue lors des matchs des éliminatoires de la Coupe du monde, Qatar 2022. On a vu une équipe soudée et solidaire. On l’a aussi senti dans les déclarations des joueurs, contents de se retrouver et de bosser tous ensemble. À l’image du capitaine Romain Saïss : «Je suis content de rejoindre le groupe. Ils ont déjà commencé (à s’entraîner) depuis le 27 décembre. Ça me fait plaisir de les revoir et de voir qu’ils sont en bonne santé». Sur les chances des Lions de l’Atlas, Saïss dit sans détour : «On va faire en sorte de représenter au mieux notre pays. C’est une fierté que de venir ici tout le temps et de porter ce maillot. Il faut se donner à 200% à chaque match pour essayer de gagner. Et c’est comme ça qu’on fera une belle CAN et qu’on rendra tout le monde heureux». Un discours qui reflète la bonne ambiance qui règne au sein du groupe. Et ça c’est primordiale pour faire des résultats. Le groupe façonné par Vahid regarde dans la même direction et affiche une détermination sans faille pour représenter dignement le Maroc. Le discours de Saïss rejoint celui de son coachVahid qui a assuré dans un entretien accordé au site officiel de la CAF qu’«une grande envie habite les joueurs pour aller le plus loin possible lors de cette CAN». Dans les entraînements, il y a une émulation nourrie du dépassement de soi. Chaque Lion de l’Atlas sait pourquoi il est là. Pour une fois, les Lions de l’Atlas ne sont pas une addition de stars, mais une équipe soudée. La décision de Vahid d’écarter Hakim Ziyech, Noussair Mazraoui et d’autres n’est pas d’ordre footballistique, puisque les joueurs laissés de côtés sont tous pétris de talent, mais il en faut plus que ça pour faire partie d’un groupe. Vahid, qui est intransigeant sur la discipline, a probablement senti que les joueurs précités risquent de mettre en danger l’harmonie du groupe, d’où sa décision. Les Lions de l’Atlas débarquent au Cameroun sans leurs stars Ziyech, Mazraoui, Belhanda ou encore Harit, mais avec des esprits de guerriers, prêts à soulever des montagnes. Les joueurs visent tous un seul et même objectif : rendre heureux les Marocains. Vahid, qui a été tant décrié, est probablement en train de réussir là où plusieurs autres se sont cassés la figure.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 4 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Azzedine Ounahi, international marocain : «Énormément de fierté de porter le maillot national» Entretien Auteur d’un bon début de saison avec Angers SCO, deux buts et une passe décisive en 15 matchs, AzzedineOunahi a logiquement attiré l’attention du sélectionneur national,Vahid Halilhodzic, qui le convoque pour laCoupe d’Afrique des nations, Cameroun 2021. Bon dans la relance et dans son abattage, Ounahi est peut-être la pièce qui manque au puzzle de l’équipe nationale aumilieu du terrain. Dans un entretien exclusif accordé au «Matin», l’ancien joueur minime du Raja de Casablanca se confie avant le début de laCAN. Son sentiment de porter lemaillot national, le premier contact avecVahid, l’accueil de ses coéquipiers, les chances des Lions de l’Atlas, son jeu, son passage au Raja de Casablanca et à l’AcadémieMohammedVI, ses ambitions avec Angers SCO, Ounahi dit tout et sans langue de bois. LeMatin :Qu’avez-vous ressenti enapprenant votre convocation en équipe nationalepour la première fois de votre carrière ? AzzedineOunahi : Énormément de fierté. C’est un rêve d’enfant que je réalise. J’ai travaillé dur dans mon club pour pouvoir jouer en équipe nationale. Être dans la liste pour la CAN, c’est bien, mais il faut bien se préparer pour aller le plus loin possible. Comment a été l’accueil de vos coéquipiers en équipe nationale ? Je suis très bien accueilli par le staff technique. Je connais déjà certains joueurs comme Soufiane Boufal qui joue avec moi en club et Nayef Aguerd qui évolue à Rennes. Cela m’a facilité l’intégration. SoufianeBoufal vous parlait-il de l’ambiance en équipe nationalequand il rentrait des stages avec la sélection ? Je suis très attaché à la sélection nationale.Mon rêve c’était de porter ce maillot. À chaque fois que Soufiane rentrait de sélection, je lui demandais comment ça se passe avec le coach, le staff et les joueurs. Il me disait toujours qu’il y a une bonne ambiance dans le groupe et qu’il s’entend bien avec tout le monde. Les Lions de l’Atlas ne sont pas les favoris de laCAN, est-ceque vous croyez qu’on peut aller jusqu’aubout ? Ce que je peux vous dire, c’est que le groupe travaille bien. L’équipe a eu d’excellents résultats lors des éliminatoires de la CAN et de la Coupe du monde. Maintenant, c’est une nouvelle compétition qui débute. On sait très bien que la CAN est une compétition très dure. À nous de répondre présents sur le terrain. Si on va avec la rage et l’envie de défendre crânement ce maillot, on fera de grandes choses. Avec leGhana, leGabon et lesComores dans le groupe, quel est l’adversaire le plus dure ? Je pense qu’il faut jouer match par match. Il n’y a pas de petites équipes qu’on va gagner facilement. Tous les matchs seront difficiles. Il faut jouer tous les matchs à 200%. Il ne faut surtout pas commencer raisonner en distinguant tel ou tel équipe. Il faut bien commencer la compétition face au Ghana pour faire le plein de confiance. Il ne faut pas trop calculer. Comment s’est passé votrepremier contact avecVahidHalilhodzic ? Tout s’est très bien passé. Il m’a mis à l’aise. C’est-à-dire ? Il m’a dit qu’il allait me convoquer en sélection, eu égard de mes performances en club. Je lui ai dit que c’est une fierté pour moi que de porter ce maillot. J’étais prêt. J’attendais cette convocation depuis longtemps. Je lui ai montré que j’étais prêt à tout donner en équipe nationale. Est-ceque le jeuphysique des sélections africaines n’est pas unhandicappour un joueur technique comme vous ? Vous savez que la Ligue 1 est un championnat physique. D’ailleurs, plusieurs joueurs africains qui vont disputer la CAN viennent de la Ligue 1. C’est à moi de continuer de jouer simple, bien anticiper, être bien placé pour trouver les bonnes solutions. En Ligue 1, je joue constamment avec desmilieux de terrain qui font trois fois mon poids et trois fois ma taille et je réussis toujours à garder ma place de titulaire. J’ai un grand volume de jeu et ma technique me fait éviter les duels. Je me déplace très bien sur le terrain et je joue intelligent. Ce n’est pas mon physique qui va m’empêcher de devenir un grand joueur. D’Avranches enNational l’année dernière, vous signez pour quatre ans àAngers SCOet ensuite vous arrivez en équipe nationale, avez-vous conscience de ce qui vous arrive enun laps de temps très court ? C’est vrai que tout va très vite. Je passe duNational en Ligue 1 et à la sélection nationale en six mois. Ça veut dire que mes choix de carrière sont bons, mais il est trop tôt pour faire un bilan. Je n’ai que 21 ans, je garde les pieds sur terre et je continue de travailler pour préparer les prochains matchs en club et en sélection. Le chemin est encore très long. Je suis lucide par rapport à ce qui m’arrive en ce laps de temps assez court. Onparle beaucoupde votre grand volume de jeu, est-ceque c’est quelque choseque vous travaillez ou est-ce inné ? C’est un truc que j’ai travaillé à l’Académie Mohammed VI de football où je finissais toujours premier. Et même au club, on a fait les tests VMA et je suis arrivé deuxième. C’est quelque chose d’inné. Depuis que j’étais petit, j’avais ce gros volume de jeu. Je suis quelqu’un qui court beaucoup et qui répète les efforts. En Ligue 1, je finis les matchs à 13 km et j’ai même terminé le match contre l’Olympique deMarseille à 14 km. Qu’est-ceque vous avez conservé de votre passage à l’AcadémieMohammedVI ? Je peux dire que mon passage à l’Académie a été très bénéfique. Là-bas, on travaille un peu comme les clubs européens. Ça nous permet de gagner du temps dès qu’on arrive en Europe. La méthode de formation est similaire à celle des clubs d’Europe. Au Maroc, rares sont les clubs qui ont des structures pour les jeunes, à part le FUS qui sort de jeunes joueurs. Il n’y a que l’Académie si on veut devenir un vrai joueur professionnel. En plus, on suit nos études. Bref, on a tout à l’Académie pour réaliser nos rêves. J’y ai appris beaucoup de choses et j’y ai bien progressé en tant que joueur. Avant, j’étais un joueur qui jouait juste quand il avait ballon. Quand je suis rentré à l’Académie, j’ai compris que je devais jouer avec ou sans ballon et qu’il fallait faire des efforts pour l’équipe. Avant d’entrer à l’Académie, est-ceque vous avez évolué dans un clubmarocain ? Ça c’est la question piège. Vous savez que tout le monde dit que j’étais au Raja de Casablanca en 2008. Non je ne savais pas ? Étiez-vous auRaja alors ? La vérité est que j’étais au Raja dans les minimes. J’ai fait un an au club, avec le coach qui s’appelle Rochedi. J’ai joué le championnat avec eux. J’étais bien là-bas. Après, je suis parti à Mirofoot à Lissasfa. Je suis resté sixmois et ensuite je suis retourné auRaja, mais je n’ai pas joué le championnat, parce que j’étais arrivé en retard. Je ne faisais que m’entraîner avec le club. L’année où je suis revenu au Raja, j’ai disputé la Coupe Danone et l’année suivante je suis rentrée à l’Académie. Quelles sont vos ambitions cette saison avec votre club ? On a très bien démarré la saison. On a pris pas mal de points, mais c’est un peu compliqué sur la fin avec deux défaites en championnat et l’élimination en Coupe de France. Il faut qu’on remonte au classement, parce qu’on a un groupe de qualité, et si on finit dans le top 10, ce serait une bonne chose. On sait que cette année, la Ligue 1 est très serrées. Si tu gagnes, tu prends trois points et tu te retrouves parmi les équipes de haut de tableau, mais si tu perds, tu dégringoles. Et à titre individuel ? Je vais continuer à travailler dur pour avoir beaucoup de temps de jeu et améliorer mes statistiques. Je dois être encore plus efficace et me projeter plus vers l’avant. Quels sont les aspects de votre jeuque vous voulez améliorer pour êtreplus performant ? Il faut que j’améliore encore ma condition physique pour être plus dur sur l’homme, notamment dans les duels. J’ai confiance enmes qualités techniques etmon parcours le prouve, mais il faut que je continue à progresser. Aucun joueur n’est complet. Je ne peux pasme satisfaire du fait que je suis un joueur technique et que ma technique va m’aider tout le temps. Il faut que je continue à travailler et c’est le travail qui paie.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 5 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Vahid Halilhodzic, le rescapé de la guerre de Bosnie, sur les traces de Mărdărescu Portrait «Nous devons bien nous préparer pour affronter les trois équipes du groupe : le Ghana, le Gabon et les Comores. Bien que le Maroc soit favori pour atteindre le deuxième tour, il faut bien se préparer et jouer avec beaucoup d’ambition et de détermination pour aller le plus loin possible.» Cette déclaration du sélectionneur national, Vahid Halilhodzic, traduit l’envie et la détermination qui animent le technicien franco-bosnien pour offrir au Maroc une seconde étoile et faire aussi bien que Mărdărescu qui a offert au Maroc son seul titre jusqu’ici, en 1976 à Addis-Abeba en Éthiopie. Qu’on l’aime où qu’on le déteste, Vahid Halilhodzic ne laisse personne indifférent. L’homme n’a jamais fait l’unanimité autour de lui. Là où il passe, il fait des heureux et des malheureux. Sa méthode de travail divise. Hakim Ziyech, Noussair Mazraoui, Amine Harit ou encore Younès Belhanda peuvent témoigner de son tempérament. Les quatre joueurs ont fait les frais de leurs attitudes en transgressant les règles qu’il a imposées. De l’autre côté, Ilyas Chair ou Ryan Mmaee, Azzedine Ounahi, Ayemen Berkouk… peuvent aussi témoigner de leur bonheur avec le coach Vahid, qui les a convoqués en équipe nationale, alors qu’ils étaient d’illustres inconnus. Si ses compétences sont connues et reconnues, sa méthode de travail est clivante. Très rigoureux, pointilleux, méticuleux, intransigeant, Vahid a aussi, contrairement à ce que pense beaucoup de gens, une âme sensible. Il a toujours protégé ses joueurs. De laGuerre de Bosnie à l’AS Beauvais Ancien attaquent du FC Nantes avec qui il remporte le championnat de France en 1983, Vahid a également joué au Paris Saint-Germain avant de prendre sa retraite en 1987. Le jeune retraité retourne chez lui dans sa ville natale de Jablanica en Bosnie-Herzégovine, qui faisait partie alors de la fédération de Yougoslavie, pour couler des jours heureux. La dislocation de la Yougoslavie en 1992 a plongé la Bosnie dans une guerre impitoyable qui a failli coûter la vie à Vahid. Dans des confessions qu’il a faites au magazine «Paris Mach», Vahid raconte comment il a frôlé la mort sur un rond-point lors des affrontements ethniques : «Au rond-point, avant d’arriver chezmoi, je pile. Des voitures de police sont arrêtées sur le côté et j’entends des tirs. Je demande à la police : «Que faites-vous là ? Vous allez tuer mes enfants !» «C’est pas nous, Vaha, c’est eux qui tirent», me dit l’un des policiers en montrant une ligne d’arbres. Un soldat à la barbe bien taillée derrière un énorme platane me dit : «Approche-toi». Je lui réponds : «Approche-toi de quoi, espèce de fasciste de merde ! Qu’est-ce que vous faites là ? Laissez-nous tranquilles». Je continue à marcher vers lui et là, j’entends sa voix calme : «Encore un pas et vous serez tué». Ils sont vingt ou trente soldats des commandos spéciaux serbes venus de la ville de Nis. Je suis à 10 mètres du premier fusil et je vois le regard de ce garçon blond de 25 ans qui me vise entre les deux yeux. Je lis sur son visage qu’il peut tirer. Je reste complètement bloqué. Un policier me crie : «Casse-toi, Vaha, ils vont te tuer !» raconte-t-il dans un article de «Paris Match» en 2003. El alors que la guerre faisait rage, Vahid décide d’intégrer l’armée de résistance, confie-til. L’ancien footballeur venait surtout en aide aux femmes et aux enfants. Après des années difficiles sous les bombes, Vahid a réussi à quitter la Bosnie et à retourner en France où il entame alors une carrière d’entraîneur. C’est à l’AS Beauvais qu’il fait ses premiers pas, mais il n’est resté qu’une seule année. Il décide alors de parfaire son apprentissage en passant des stages dans de grands clubs d’Europe, jusqu’à l’année 1997. Du Raja à la sélection nationale, une riche carrière pleine de frustration En 1997, Vahid s’engage avec le Raja de Casablanca avec lequel il remporte la Ligue des champions d’Afrique et le championnat national. En plus des titres gagnés avec le Raja, c’est surtout sa méthode de travail qui fait parler. Connu pour sa poigne, sa discipline et son franc-parler, Vahid a claqué la porte suite aux reproches d’un dirigeant rajaoui sur ses choix de joueurs. Il s’engage alors en 1998 avec Lille qui évoluait alors en Ligue 2. Très vite, Vahid ramène Lille en Ligue 1 et la qualifie en Ligue des champions, une première dans l’histoire du club. Après une pige à Rennes, Vahid s’engage avec le PSG avec qui il remporte la Coupe de France, avant d’être démis de ses fonctions l’année suivante. Il entame alors une aventure en tant qu’entraîneur de sélection avec la Côte d’Ivoire qu’il qualifia en Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Le bonheur de Vahid est inachevé parce qu’il a été viré quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe du monde et remplacé par Paul Le Guen. Dégoûté, il jura à l’époque de ne plus remettre les pieds en Afrique, mais il se laisse convaincre par l’Algérie. La mayonnaise prend vite et il parvient à qualifier les Fennecs en Coupe du monde 2014 au Brésil et a même réussi à hisser les Fennecs en huitièmes de finale. Il quitte alors l’Algérie et rejoint le Japon. Le technicien Bosnien survole les éliminatoires de la Coupe du monde, Russie 2018, avec les Samouraï qu’il qualifie au Mondial. Un bonheur inachevé puisque Vahid est viré avant la Coupe du monde. «Le moment le plus difficile de sa carrière», dit-il. En 2019, il est nommé entraîneur de l’équipe nationale du Maroc. Et pour le moment, l’homme semble gagner son pari. Critiqué avec virulence après sa décision d’éloigner Ziyech, Noussair et Harit, les résultats lui donnent raison jusqu’à présent. Il a réussi à qualifier l’équipe nationale au troisième et dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde et à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations qu’il s’apprête à disputer. Depuis sa nomination à la tête de l’équipe nationale, il a réussi à bâtir une nouvelle équipe avec la culture de la gagne. Quarante-cinq ans après l’unique sacre du Maroc avec Mărdărescu, Vahid pourrait offrir une seconde étoile au Maroc. Le point commun entre les deux hommes : être issus de deux anciens pays du bloc de l’Est.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 6 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Le Maroc et le Nigeria grands favoris selon «Opta Sports» La compagnie britannique spécialisée dans les données sportives «Opta Sports» a publié, jeudi 6 janvier, ses prédictions sur les probables prétendants au titre de la CAN 2021. Selon les analyses d’Opta, c’est le Nigeria et le Maroc qui sont les grands favoris au sacre avec 14,79% de chances pour les Super Eagles et 14,77% pour les Lions de l’Atlas. L’Égypte arrive à la troisième place des prétendants avec un taux de 12,93% de chances, suivie du Sénégal (12,23%), de la Côte d’Ivoire (8,27%) et de l’Algérie, tenant du titre, avec 8,27% de chances ! En se basant sur les statistiques de performances de chaque équipe qualifiée pour la CAN lors des éliminatoires pour la compétition continentale, la compagnie britannique spécialisée dans les données sportives a établi ses prédictions sur les prétendants au titre continental. Selon l’analyse d’Opta, c’est le Nigeria et leMaroc qui concentrent le pourcentage de chance pour le sacre le plus élevé avec 14,79% pour les Super Eagles et 14,77% pour les Lions de l’Atlas. «Les chiffres sont si proches entre le Nigeria et le Maroc que nous devrions probablement les considérer comme co-favoris pour la Coupe d’Afrique des Nations, mais les finalistes ne partagent pas les trophées et nous non plus. Ni le Nigeria ni le Maroc n’ont perdu lors des éliminatoires de la CAN 2021, mais ils l’ont fait de différentes manières. Le Maroc n’a encaissé qu’une seule fois un but, tandis que le Nigeria a inscrit sept buts en six matches contre la Sierra Leone, le Bénin et le Lesotho», précise l’organisme spécialisé. En ce qui concerne la phase de groupes, Opta a prédit 52,42% de chances pour que le Maroc termine premier du groupe C, 30,06% pour qu’il termine deuxième, 13,03% troisième et seulement 4,49% de chances pour que les hommes de Vahid Halilhodzic terminent à la quatrième place du groupe C. Par ailleurs dans ses projections, Opta Sports a indiqué que l’équipe nationale pourrait récolter 6,07 points lors de la phase de groupes. Pour les autres stades de la compétition, l’organisme de data sportif prédit un pourcentage de 93,32% de chances pour que les coéquipiers de Romain Saïss accèdent en huitième, 69,02% de chances d’accès pour le quart de finale, 32,64% pour la demi-finale et donne 25,30%de chances auMaroc pour accéder en finale. Également favori, le Nigeria aurait 47,45% de chances de terminer premier de son groupe et 25,20% de chances d’atteindre la finale. Troisième équipe prétendant au titre selon Opta, l’Égypte de Mohamed Salah aurait, elle, 23,25% de chances d’accéder en finale. La grande surprise de cette analyste est l’Algérie, tenante du titre, qui n’a récolté que 8,15% de chances pour le sacre. Avec un parcours qui serait de 45,45% de chance de terminer en tête du groupe E et seulement 16,45% de chances pour atteindre la finale. Adil Erradi, entraîneur marocain : «On peut parler des favoris autant qu’on veut, c’est la Covid le véritable élément clé de cette CAN» Entretien Double champion du Rwanda avec l’APR FC, Adil Erradi est l’un des entraîneurs marocains les plus expérimentés du continent. Pour évaluer les chances des Lions de l’Atlas et des sélections favorites pour le titre et commenter l’absence de Ziyech, «Coach Adil» a répondu à nos questions. Le Matin : Quelles sont les chances des Lions de l’Atlas lors de laCAN 2021 au Cameroun ? Adil Erradi : Je pense que notre équipe nationale a de grandes chances de faire une bonne performance à la CAN au Cameroun. On a honoré notre statut continental lors des éliminatoires, avec un parcours sans fautes. C’est unique au niveau continental. Avec une ossature renouvelée et des joueurs qui sont réguliers dans le football européen, je pense que c’est un noyau équilibré et très prometteur. Il reste à définir le jeu, la gestion des matchs avant et pendant. Et tout cela dépend de la préparation, surtout au niveau du mental, et si les comportements sont bien étudiés et bien préparés. Ne pas sous-estimer les adversaires ou encore se fier beaucoup plus au collectif et garder en tête l’importance de disputer une CAN avec son pays sont autant d’éléments importants. Si on gère chaque minute, voire chaque seconde, je pense que l’équipe nationale a la chance de faire une grande performance. Il faut souligner le bon travail de la FRMF, qui a mis en place une logistique digne des plus grandes nations du football. Tous les ingrédients sont réunis pour réaliser l’exploit et le peuple marocain s’attend à ce que ce groupe soit au minimum dans le dernier carré. Quels sont, selonvous, les favoris pour remporter le titre de cette 33e édition ? Toutes les équipes présentes au Cameroun sont candidates pour le titre. Cependant, on verra le niveau de chaque équipe après le démarrage de la CAN. On peut en revanche distinguer deux types de favoris. D’abord, il y a un groupe qui connaît bien la compétition, qui grandit au fil des matchs et qui sait être efficace. On peut parler de l’Égypte, du Ghana, du Cameroun, les trois équipes les plus titrées. Le Nigeria et la Côte d’Ivoire peuvent également intégrer ce groupe de favoris. Le deuxième type de favoris l’est sur le papier, avec des joueurs de qualité et réguliers, et des résultats probants. C’est le cas par exemple du Sénégal, de l’Algérie et même de l’équipe nationale, qui peut créer la surprise et gagner cette Coupe. Mais on peut parler des favoris autant qu’on veut, l’élément qui pourrait tout faire chambouler c’est la Covid. Cela va définir le champion de la CAN, si jamais des joueurs manquent des matchs en raison des tests positifs. Les équipes qui seront bien préparées d’un point de vue logistique et sanitaire et surtout qui pourront arriver au deuxième tour avec l’ensemble de leurs éléments auront beaucoup d’avantages. En tant que coach, comprenezvous la décision du sélectionneur de se priver de joueurs aussi talentueux que Ziyech et Mazraoui ? C’est une décision qui fait mal au cœur de tous les supporters. On connaît tous l’importance de ces joueurs pour l’équipe nationale, d'autant plus que ce sont des joueurs de classe mondiale. Mazraoui est par exemple considéré comme l’un des meilleurs latéraux au monde et est convoité par Barcelone et Manchester City. Ziyech c’est pareil, un des meilleurs meneurs de jeu dans le Big-5. Mais on ne sait pas ce qui se passe dans les coulisses de l’équipe nationale, ce que le sélectionneur a vu et ce qu’il a conclu avec ces joueurs. Malheureusement, on ne connaît pas la vérité jusqu’à maintenant. Tout ce que je peux dire c’est que l’intérêt de l’équipe et de la Nation est au-dessus de tout le monde et le sélectionneur est le premier responsable. Je pense que la créativité de Ziyech et Mazraoui va nous manquer et va avantager nos adversaires, mais je suis aussi coach et je comprends le sélectionneur. Il a une vision claire et c’est le plus proche du groupe, en connaissant tous les détails. S’il gagne, cela veut dire qu’il avait raison. Mais si l’absence de ces deux joueurs est insurmontable et que le résultat n’est pas en notre faveur, je pense qu’il sait à quoi s’attendre et qu’il devra assumer la responsabilité de ses décisions.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 7 VENDREDI 14 JANVIER 2022 La VAR utilisée lors des 52 matches Avec 217,50 millions d’euros, le Maroc est la 4e équipe la plus chère de la compétition L'assistance vidéo à l›arbitrage (VAR) est utilisée lors de la 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations, Cameroun 2021. Les cinquante-deux matches de la compétition seront ainsi couverts par leVAR. Les Lions de l’Atlas ont abordé la Coupe d’Afrique des nations lundi face au Ghana avec le statut d’outsider. Néanmoins, leur valeur marchande figure parmi les plus élevées des équipes participantes. Ils pointent à la quatrième place, selonTransfermarkt. L’addition du prix estimé des joueurs de l’équipe nationale qui participe du 9 janvier au 6 février à la 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations a atteint 217,50 millions d’euros, selon Transfermarkt, soit le 4e effectif le plus cher des équipes participantes à la Coupe d’Afrique des nations. À ce jeu de calcul de la valeur des sélections, les Lions de l’Atlas ont profité de l’atout Achraf Hakimi, sociétaire du Paris Saint-Germain, estimé à 70 millions d’euros, ainsi que de Youssef En-Nesyri, dont la valeur est estimée à 40 millions d’euros. Le Sénégal, l’équipe la plus chère La sélection africaine ayant la plus grande valeur marchande est le Sénégal dont la valeur de ses joueurs est estimée à 344,90 millions d’euros. Son joueur phare, Sadio Mané, est estimé à 80 millions d’euros. Le Sénégal est suivi des Éléphants de Côté d’Ivoire avec une valeur de 312,23 millions d’euros. Les Super Aigles du Nigeria complètent le podium avec une valeur estimée à 276,55 millions d’euros. Derrière les Lions de l’Atlas, on retrouve les Fennecs de l’Algérie à la cinquième place avec 197,85 millions d’euros. L’Égypte est sixième avec une valeur de 143,70 millions d’euros. Contrairement à l’édition 2019 où la CAF avait introduit l›assistance vidéo à l›arbitrage au stade des quart de finale, l’édition 2021 sera entièrement couverte par le VAR depuis le match d’ouverture entre le Cameroun et le Burkina Faso au stade Olembe jusqu’à la finale le 6 février. Soixante trois arbitres d’élite ont été sélectionnés pour le tournoi final, dont les arbitres dames Salima Mukasanga (Rwanda), Carine Atemzabong (Cameroun), Fatiha Jermoumi (Maroc) et Bouchra Karboubi (Maroc). La liste se compose de 24 arbitres, 31 arbitres assistants et 8 arbitres assistants vidéo issus de 36 pays différents. Deux arbitres de la CONCACAF font également partie de l’effectif. Ils ont été choisis dans le cadre du programme d›échange de compétences entre confédérations. Développer l’arbitrage et produire des arbitres de classe mondiale en Afrique étant l’une des grandes priorités de la CAF, la mise en œuvre du VAR pour la totalité des matches au Cameroun est un pas dans la bonne direction.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 8 VENDREDI 14 JANVIER 2022 «L’ÉQUIPE NATIONALE A LES MOYENS D’ALLER LOIN DANS LA COMPÉTITION, MAIS À CONDITION DE GARDER LES PIEDS SUR TERRE.» Gardien international marocain, finaliste de la CAN 2004 avec les Lions de l’Atlas, Khalid Fouhami apporte son regard sur la sélection nationale. L’ancien portier des Lions de l’Atlas assure que le Maroc a des chances d’aller loin dans la compétition, à condition de préserver la bonne dynamique du groupe et d’éviter de s’enflammer après une ou deux victoires. Fouhami estime que la sélection nationale est un bon mélange entre des joueurs expérimentés et des jeunes qui vont apporter leur fougue, la détermination et l’envie de briller pour montrer qu’ils méritent de porter le maillot national. Entretien Khalid Fouhami, ancien international marocain : «Les Lions de l’Atlas sont un bon mixte entre les jeunes joueurs et les expérimentés, ils ont des chances d’aller loin» Le Matin : Que pensez-vous du groupe convoqué parVahid Halilhodzic pour disputer laCAN 2021. Un groupe composé en grande majorité de jeunes joueurs qui découvrent pour la première fois laCoupe d’Afrique ? Khalid Fouhami : Effectivement, il ne reste que sept ou huit joueurs de l’équipe qui avait disputé la CAN 2019 en Égypte (Bounou, Munir, Saïss, Hakimi, Fajr, Boufal, En-Nesyri, El Kaabi). C’est un groupe hétérogène avec beaucoup de jeunes joueurs qui disputent pour la première fois la compétition continentale, encadrés par des joueurs d’expérience qui ont déjà disputé la CAN. Pour moi, c’est un bon mixte et ça me rappelle 2004. C’est très important pour la dynamique de groupe d’avoir des joueurs d’expérience qui encadrent les jeunes et qui vont être des modèles, mais il est aussi important d’avoir de jeunes joueurs qui amènent leur insouciance et la volonté de briller. C’est un bon mélange. Quelles sont les chances du Maroc dans le groupe C aux côtés du Ghana, des Comores et du Gabon ? On a nos chances. Le plus important est de bien gérer le premier match. Les joueurs doivent faire un résultat, c’est-à-dire gagner le premier match, voire ne pas perdre, pour garder leur chance de qualification. Si jamais il y a une défaite (Dieu nous en préserve), le deuxième match sera déjà décisif. Pour moi, l’équipe nationale a les moyens d’aller loin dans la compétition, mais à condition de garder les pieds sur terre et de se concentrer sur le premier match. Que pensez-vous de la décision de Vahid Halilhodzic d’écarter Hakim Ziyech de son groupe ? C’est une décision forte et un message pour les joueurs pour leur dire que l’équipe passe avant tout, que tout le monde doit adhérer au projet et que le groupe doit dégager une énergie positive. En football, il y a deux paramètres importants. Le premier se passe sur le terrain : comment on va faire au niveau technique et tactique. Le second concerne le côté humain et relationnel. Tout le monde doit être concerné par le projet et regarder dans la même direction. Dans ce genre de compétition, les joueurs qui sont sur le banc sont très importants. Je me rappelle qu’en 2004, c’est Youssef Hadji qui entre en cours de jeu et qui marque le but de la victoire face au Nigeria lors du premier match. L’équipe nationale avait débuté la rencontre avec Marouane Chamakh et Jaouad Zaïri. Face à l’Algérie en quart de finale, c’est Moha Yagoubi, entré en cours de jeu, qui donne la passe du but de l’égalisation. Je vous dis tout ça pour montrer que la dynamique de groupe est importante parce qu’il faut avoir un climat propice pour le travail. Cette dynamique de groupe a aussi un impact sur la performance. Celui qui sort du banc pour entrer en cours de jeu doit faire son boulot. Je n’ai rien contre Ziyech. C’est un excellent joueur et aucun entraîneur ne renoncerait de bon cœur à avoir son meilleur joueur à la maison. On ne sait pas ce qui se passe à l’intérieur. Vahid a dû probablement privilégier la dynamique de groupe au moment de faire ses choix. Mais souvent, les gens ne comprennent pas ça. Le fait de ne pas avoir de stars dans l’équipe nationale, est-ce que ça peut jouer en faveur du Maroc qui est plutôt un groupe soudé ? Peut-être que c’est une chance comme vous dites. Mais il y a moyen de faire quelque chose, à condition d’avoir les pieds sur terre. On n’a pas la culture de la gagne, mais dès qu’on commence à réaliser de bons résultats, on s’enflamme. C’est ça mon message, rester les pieds sur terre et ne pas s’enflammer dès qu’on commence avoir de bons résultats.

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 9 VENDREDI 14 JANVIER 2022 VAHID HALILHODZIC A FAIT SAUTER DES NOMS QUI AVAIENT POURTANT DISPUTÉ PLUSIEURS MATCHS DES QUALIFICATIONS POUR LA COUPE DU MONDE FIFA QATAR 2022. Le onze des absents de la liste de Vahid Halilhodzic En froid avec certains joueurs et pas convaincu par l’apport d’autres, le sélectionneur national Vahid Halilhodzic a tourné le dos à plusieurs professionnels évoluant en Europe ou au Golfe arabe, des joueurs dont la valeur est indiscutable, mais qui n’entrent pas dans les plans du technicien francobosnien. De Hakim Ziyech à Adel Taârabt, en passant par Youssef El Arabi ou encore Younès Abdelhamid, retour sur les principaux absents marocains au Cameroun. Connu et reconnu pour son fort tempérament et son opiniâtreté, Vahid Halilhodzic n’hésite jamais à sacrifier des stars pour préserver une ambiance saine et sereine dans son groupe. Lors de ses passages au Japon puis en Algérie en tant que sélectionneur, l’entraîneur franco-bosnien avait écarté plusieurs cadres, à la surprise générale. Ses attitudes disciplinaires n’ont pas toujours été bien accueillies par les joueurs ou certains membres fédéraux, mais «Coach Vahid» veillait toujours à avoir le dernier mot. À son arrivée au Maroc, le sélectionneur national ne s’est pas fait que des amis, surtout avec son franc-parler jugé parfois «excessif». Ainsi, l’une de ses premières déclarations a servi à écarter «officieusement» la majeure partie des joueurs de la Botola D1, estimant que ces derniers lui donnent l’impression de «pratiquer un autre sport» lorsqu’il les compare à Achraf Hakimi. Ensuite, c’était le tour à Hakim Ziyech et Nousseir Mazraoui, pour les raisons que tout le monde connaît désormais. Au moment de dévoiler sa liste finale pour la participation à la Coupe d’Afrique des Nations 2021, Vahid Halilhodzic a encore fait sauter des noms, qui avaient pourtant disputé plusieurs matchs des qualifications pour la Coupe du monde FIFA Qatar 2022, à l’instar du milieu de terrain de Benfica Adel Taârabt. Les défenseurs Jawad El Yamiq et Zouheir Feddal, ou encore l’attaquant Achraf Bencharki. Même le sérial buteur de l’Olympiakos, Youssef El Arabi, meilleur joueur étranger, meilleur buteur et membre de l’équipe type des deux dernières saisons en Grèce (2020 et 2021), a été laissé de côté. Quand la discipline et l’engagement l’emportent sur le talent Outre ces éléments ayant déjà été convoqués, Vahid Halilhodzic a aussi «snobé» d’autres internationaux qui avaient fait le déplacement à Maâmora sous les ordres de l’ancien sélectionneur Hervé Renard, ne leur donnant pratiquement aucune chance. C’est le cas de Younès Belhanda, qui s’était dernièrement exprimé sur ce sujet lors d’un entretien avec le site spécialisé «Sofoot», envoyant quelques piques saillantes à Vahid : «Il y a eu une cassure, il ne m’a pas respecté, alors que sportivement, mes performances en club étaient bonnes. En plus, j’ai fait douze ans en sélection nationale, je suis là depuis le début. Je ne suis pas un mec recyclé qui, par exemple, choisit d’abord l’Espagne, puis le Maroc. J’aurais pu choisir la France et je ne l’ai pas fait par amour pour ce pays. Je suis quelqu’un de vrai, j’ai fait les pires déplacements. Lorsqu’il fallait se rendre en Centrafrique ou en Gambie, j’étais là». On peut également citer le défenseur central Younès Abdelhamid, membre de l’équipe type de la Ligue 1 en 2018 et 2019 et troisième meilleur professionnel africain en France en 2020. Au total, plus d’une quinzaine de joueurs de haut niveau n’ont pas réussi à se frayer une place dans la liste de Vahid Halilhodzic, qui a souvent répété lors de ses déclarations que ce qui primait à ses yeux était le collectif et l’ambiance générale. Le Franco-Bosnien préfère clairement des joueurs affichant la prédisposition à se plier à 100% à ses directives, loin des forts caractères qui peuvent «envenimer» l’atmosphère ou créer des scissions dans l’équipe. Cette prise de position et cette audace d’écarter des stars du calibre de Ziyech nous rappellent justement le cas de Badou Ezaki avec les Lions à la veille de la Coupe d’Afrique des nations Tunisie 2004. Avec une équipe presque entièrement remaniée, comme c’est le cas de la sélection de Halilhodzic, le légendaire portier marocain avait raté de peu le sacre africain, réussissant la meilleure campagne du Maroc après celle de 1976. On espère que les protégés de Vahid Halilhodzic réussiront un parcours similaire, sinon plus abouti, au Cameroun. • Gardien de but Abdelaâli Lamhamedi • Défenseurs Nousseir Mazraoui Younès Abdelhamid Zouheir Feddal Hamza Mendyl • Milieux de terrain Yahya Jabrane Adel Taârabt Younès Belhanda • Attaquants Achraf Bencharki Youssef El Arabi Hakim Ziyech Le onze des joueurs écartés par Vahid Halilhodzic

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 10 VENDREDI 14 JANVIER 2022 Les stades de la CAN Cameroun 2021 Décalée d'un an en raison de la pandémie de Covid-19, puis finalement fixée au mois de janvier 2022, après plusieurs rumeurs de report et d'annulation, la Coupe d'Afrique des Nations se dispute en ce début d'année dans six stades de cinq villes du Cameroun : Yaoundé (2 enceintes), Garoua, Limbé, Bafoussam et Douala. Le pays de Samuel Eto'o a procédé à la construction de nouvelles structures, comme le stade d'Olembé ou le stade Japoma, puis a rénové d'autres enceintes, dont le célèbre stade Ahmadou Ahidjo. Ces nouveaux bijoux de l'architecture sportive ont déjà été testés à l'occasion du CHAN 2020. •Stade : Limbé Stadium •Ville : Limbé •Date de construction : 2014 •Capacité : 20.000 places assises •Terrains annexes : deux terrains •Matchs prévus : premier tour (groupe F et E), huitièmes de finale. •Coût de construction : 27 millions d’euros •Stade : Roumdé Adija •Ville : Garoua •Date de construction : 1978 •Date de rénovation : 2010 •Capacité : 25.000 places assises •Terrain annexe : un seul terrain •Matchs prévus : premier tour (groupe D et C), huitièmes et quarts de finale. •Coût de construction : 30 millions d’euros •Stade : Japoma •Ville : Douala •Date de construction : 2019 •Capacité : 50.000 places assises •Terrains annexes : deux terrains dotés de 2.000 places assises •Matchs prévus : premier tour (groupe E et F), huitièmes, quarts et demi-finale. •Coût de construction : 138 millions d’euros

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 11 VENDREDI 14 JANVIER 2022 •Stade : Kouekong Stadium •Ville : Bafoussam •Date de construction : 2016 •Capacité : 20.000 places assises •Matchs prévus : premier tour (groupe B et A), huitièmes et quarts de finale. •Stade : Ahmadou Ahidjo •Ville : Yaoundé •Date de construction : 1972 •Date de rénovation : En 2016 à l’occasion de la CAN féminine, puis en 2021 à l’occasion du CHAN •Capacité : 40.000 places assises •Terrains annexes : trois terrains, dont un doté de 1.000 places assises •Matchs prévus : premier tour (groupe C, B et D), huitièmes de finale et match pour la 3e place. •Coût de construction : 40 millions d’euros •Stade : Olembé Stadium •Ville : Yaoundé •Date de construction : 2016 •Capacité : 60.000 places assises •Matchs prévus : premier tour (groupe A), quarts, demi-finales et la finale •Coût de construction : 249 millions d’euros Les stades de la CAN Cameroun 2021 55” LED 55UP7750 OLED A1PVA LED 43UP7750PVB + TELECOMMANDE MAGIQUE + TELECOMMANDE MAGIQUE + TELECOMMANDE MAGIQUE 55” SUPPORT MURAL OFFERT

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 12 VENDREDI 14 JANVIER 2022 PROGRAMME

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 13 VENDREDI 14 JANVIER 2022 CAN 2021

CO U P E D ' A F R I Q U E S P E C I A L 14 VENDREDI 14 JANVIER 2022 La CAN 2021 diffusée dans plus de 150 pays Merry krimou, ancien international marocain : «Si on n’arrive pas en demi-finale ou en finale, c’est l’échec total du football marocain» Entretien Avant-centre légendaire des Lions de l’Atlas dans les années 1980, Merry Krimou fait partie de la génération en or de 1986, arrivée en huitième de finale de la Coupe du monde, Mexico 1986. L’auteur du troisième but historique contre le Portugal au Mondial 86 croit beaucoup aux chances de victoires des Lions de l’Atlas à la CAN 2021. L’ancien international marocain juge que si l’équipe nationale n’atteint pas les demifinales ou la finale, ce serait un échec total. C’est une première en Coupe d’Afrique des nations. La 33e édition Cameroun 2021 sera diffusée dans 157 pays, assure la Confédération africaine de football, dans un communiqué diffusé sur son site officiel. Un record. La Coupe d›Afrique des nations gagne en notoriété. Les diffuseurs du monde entier se bosculent pour acquérir les droits TV de la plus prestigieuse des compétitions africaines. Et cela va certainement se répercuter sur la trésorerie de la CAF. D›ailleurs, celle-ci n›a pas tardé à augmenter le prize-money de la compétition. En plus des diffuseurs historiques comme Canal+ ou beIN Sport, la liste des chaînes ayant acquis les droits de la CAN s›est largement élargie. Elle englobe désormais SuperSport et StarTimes qui retransmettront le tournoi en Afrique subsaharienne, tandis que beIN Sport étendra la diffusion de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient, ainsi que sur ses chaînes de la région Asie-Pacifique et Amérique du Nord, notamment les États-Unis, et aussi bien le Cambodge que le Laos. ESPN diffusera la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies 2021 dans ses territoires d›Amérique latine en Amérique du Sud et centrale et dans les Caraïbes, notamment l›Argentine, l›Uruguay, le Venezuela, les îles Vierges britanniques, le Nicaragua, la Guyane et la Bolivie. Au Royaume-Uni, la BBC et BSkyB diffuseront le tournoi à un public impatient de voir comment les stars de la Premier League anglaise se comportent au Cameroun, tandis qu›au Brésil, le principal diffuseur Bandeirantes retransmettra le tournoi. En Europe, la France sera couverte par beIN Sports, l›Italie par Discovery et l›Allemagne par SportDigital. Les fans nordiques pourront regarder sur les chaînes sportives de NENT, tandis que l›Europe de l›Est se connectera à SportKlub. Tous les fans de football du continent africain sont sûrs de regarder les matches de leurs équipes nationales, avec les diffuseurs publics des pays participants prêts pour la retransmission depuis le Cameroun. Enfin, pour les territoires non couverts par les partenaires de diffusion de la CAF, la CAF diffusera tous les matchs en direct avec un choix de commentaires en anglais sur sa chaîne YouTube CAF TV et sur son site officiel CAFOnline.com. Le Matin : Qu’est-ce vous pensez du groupe des 28 joueurs convoqués par Vahid Halihodzic pour disputer laCAN 2021 ? Merry Krimou : C’est un groupe complètement remodelé, avec 70% de jeunes joueurs qui découvrent pour la première fois la Coupe d’Afrique des nations. Mais il faut bien commencer un jour. J’espère que le groupe va s’adapter aux joutes africaines. C’est un groupe solide. C’est peut-être un avantage d’avoir un groupe jeune, insouciant et qui voudra briller pour montrer qu’il mérite de porter le maillot national. Est-ce que la fougue de la jeunesse peut dans le cas du Maroc faire la différence ou faut-il obligatoirement une dose d’expérience ? Je pense que les deux sont nécessaires. Il faut avoir un mélange des deux. IL faut des joueurs d’expérience qui encadrent sur le terrain les jeunes qui vont amener leur fougue et leur envie de briller. J’espère que la mayonnaise va prendre. L’objectif est d’avoir un groupe qui vit bien et qui est en harmonie, car cela se répercute positivement dans le rendement sur le terrain. Un groupe qui vit bien, ça se voit automatiquement sur le terrain. Avoir de la jeunesse dans l’équipe nationale peut lui faire du bien. La décision deVahid d’écarter Hakim Ziyech est une décision forte. Est-ce que vous la comprenez ? Je crois qu’il est tout à fait normal que Vahid fasse passer les intérêts de l’équipe nationale avant ceux des joueurs. C’est un choix qu’il faut respecter. Aimé Jacquet n’a pris ni Éric Cantona ni David Ginola pour le Mondial 1998. Si Vahid n’a pas pris Ziyech, c’est qu’il est sûr de lui et de ses choix. De toute façon, c’est lui qui va assumer les résultats et pas nous. Ziyech est un problème qui aurait pu être réglé, mais malheureusement ça n’a pas été le cas. Ils ne sont pas arrivés à s’entendre. En tout cas, on espère que Vahid a fait le bon choix. Quelles sont les chances des Lions de l’Atlas dans cetteCAN ? Si on n’arrive pas en demi-finale ou en finale, c’est l’échec total du football marocain en Coupe d’Afrique des nations. La FRMF a mis tous les moyens financiers et logistiques nécessaires pour gagner cette CAN. Si on ne la gagne pas ou on n’atteint pas la finale, on peut encore dire qu’on aura connu un échec. Êtes-vous confiant ? Je crois beaucoup en cette équipe. Le reste c’est à eux de le faire. Il y a 36 millions de Marocains qui sont derrière eux. Ils doivent faire quelque chose pour entrer dans l’histoire. Une Coupe d’Afrique, on ne la joue pas toutes les cinq minutes. Retransmission des matchs

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